Communiqué de la coordination régionale FNME CGT Normandie à l’occasion de la journée mondiale de la santé et sécurité au travail

L’intervention fleuve du Premier ministre et du ministre de la santé le 19 avril dernier aura eu pour objectif de nous préparer au dé-confinement.

Gageons que ce 28 avril 2020, date de la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, aura été choisie par le premier ministre au-delà de la symbolique et du calendrier, pour en présenter les détails complets du plan du dé-confinement. Alors que le nombre de décès est encore très élevé et que tout le monde ne bénéficie pas de moyens de protection – le personnel soignant en tête – la CGT approuve le message :

« pas de protection – pas de travail ».
Conscientes du poids qui pèse sur l’économie et le monde du travail, la CGT et ses organisations seront comme depuis toujours et sans avoir attendu cette crise sanitaire, mobilisées aux côtés des salarié-e-s afin de s’assurer de leurs bonnes conditions de travail. La période accrue de reprise d’activité qui s’annonce ne devra se faire qu’avec des mesures de sécurité claires pour toute la population.
La CGT et ses organisations veilleront particulièrement à les faire respecter.
La reprise oui mais pas à n’importe quel prix et surtout pas à celui de la vie.

La coordination régionale FNME CGT Normandie

Valoriser un nécessaire système de Sécurité Sociale de haut niveau, garant de la réponse aux besoins !

COMMUNIQUE DE PRESSE de la Commission Protection Sociale de l’Union Départementale des syndicats CGT de la Manche

La crise sanitaire actuelle a mis le monde à l’arrêt tout en le précipitant dans l’urgence, celle de sauver des vies.

Même si la CGT a dénoncé les baisses de budgets alloués par l’Agence Régionale de Santé aux hôpitaux mettant en péril les services avec les fermetures de lits et la baisse des effectifs des personnels soignants (cela continue, au 1er avril 2020, ce sont plus de 17 postes de soignants qui sont supprimés dans les services de soins de l’hôpital de Valognes), elle a aussi combattu les orientations des Conventions d’Objectif et de Gestion synonymes de baisse drastique des budgets et des effectifs pour les organismes gestionnaires comme la CPAM, la CAF, l’URSSAF…

Depuis cette crise, à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de la Manche, ce sont toutes les agences et tous les points d’accueil qui ont été fermés pour raison de sécurité sanitaire. Seuls les courriers et les mails sont traités par les salariés de la CPAM travaillant pour la plupart en télétravail.

Depuis le 27 mars 2020, les prestations sociales et secours (aides pour frais médicaux, frais d’obsèques…) sont décidés unilatéralement par la Direction de la Caisse ; les commissions de recours amiable (exemple quand un salarié fait un recours parce que son accident de travail est requalifié en arrêt de travail, …) n’ont pas été réunies depuis le début du confinement, laissant des dizaines de salariés dans l’incertitude.

Idem pour la Caisse d’Allocations Familiales de la Manche, les accueils sont fermés au public, il faut se débrouiller seul avec internet, ce qui n’est pas aisé pour tout le monde, par manque d’habitude, par manque de moyens informatiques et dû également aux zones blanches.

Pour le logement, même si le gouvernement a annoncé la prolongation de deux mois la période hivernale, décision louable, même s’il faudrait qu’il n’y ait plus du tout de période hivernale : on a besoin d’être logé tout le temps.

Quant aux aides au logement (APL, ALS, ALF), elles seront également automatiquement maintenues. La réforme du mode de calcul des APL, qui devait entrer en vigueur le 1er avril dernier, est repoussée.

Et pour se nourrir, même si la fermeture des écoles était nécessaire, les familles qui bénéficiaient de tarifs sociaux à la cantine, doivent par ailleurs assumer le repas du midi. Un surcoût qu’il serait juste de compenser. Cette crise sanitaire appauvrit encore plus les familles.

Les associations d’aide sociale tentent de leur venir en aide, mais, avec la mise en place du confinement, les moyens s’amenuisent plus vite. « En huit jours, on a utilisé plus de quatre mois de nos stocks alimentaires. Il va falloir les reconstituer », rappelle Jean Stellittano, secrétaire national du Secours populaire français.

Le gouvernement vient de débloquer une aide pour 4 millions de familles en grande précarité, aide qui atteindra 150 € par ménage, plus un bonus de 100 € par enfant pour les allocataires du RSA et de l’ASS et pour les familles bénéficiaires des aides au logement, elle s’élèvera à 100 € par enfant.

Déjà, le ministre de l’action et des comptes publics s’apitoie sur le déficit de la sécurité sociale qui atteindra, dit-il, le niveau abyssal de 41 milliards d’euros cette année. Il oublie de dire que cela sera dû au report voire à l’annulation des cotisations des entreprises et du chômage partiel (les indemnités sont totalement exonérées de cotisations sociales).

Une autre voie est possible, construire ensemble, le monde d’après cette crise sanitaire.

La Sécurité Sociale a été créée après la 2ème guerre mondiale par le Conseil National de la Résistance dans un pays saccagé, dévasté, exsangue.

Le jour d’après cette crise sanitaire doit se bâtir sur la répartition des richesses, et d’abord de remplacer le modèle de tout pour l’actionnaire.

Bien entendu, cela n’est pas nouveau pour la CGT, mais il faut réhabiliter la cotisation sociale, remettre en cause les exonérations diverses et variées qui, comme nous l’avons souvent souligné, n’ont jamais été aussi importantes, rééquilibrer la fiscalité au profit des salariés et des retraités en mettant à contribution les plus riches qui ont largement profité de la baisse des impôts avec par exemple la suppression de l’ISF et le plafonnement des impôts des plus riches, sans oublier la baisse de l’impôt sur les sociétés. C’est à ce prix qu’on pourra sortir par le haut de la crise actuelle.

Cherbourg-en-Cotentin, le mardi 28 avril 2020

Valoriser l’éducation, pour garantir la réponse aux besoins !

COMMUNIQUE DE PRESSE Union Départementale des syndicats CGT de la Manche

Valoriser l’éducation, pour garantir la réponse aux besoins !

Réouverture des écoles et établissements scolaires le 11 mai : une décision très hasardeuse où rien n’est prêt pour éviter une seconde vague de l’épidémie.

Emmanuel Macron a annoncé un début de déconfinement à partir du 11 mai, accompagné d’une réouverture des écoles, collèges, lycées ainsi que des crèches, et ce contrairement à l’avis des professionnels de santé.

Ces annonces suscitent inquiétude et incompréhension des personnels, élèves et familles.
En effet, derrière le masque de la compassion et de l’humilité, Emmanuel Macron a confirmé son choix : celui de la santé financière des entreprises et de l’économie, notamment des plus grands groupes bien avant celle des salarié-e-s et de la population.

Vous ne pouvez pas aller au restaurant mais les cantines des entreprises et des écoles peuvent ouvrir. Pas de rassemblements sociaux mais regrouper des dizaines, des centaines d’élèves dans une école ou un collège, ce n’est pas un problème.

L’alibi des inégalités scolaires n’est absolument pas crédible dans un contexte où le gouvernement continue de supprimer des postes dans l’éducation, que ce soit dans le premier ou dans le second degré.

De plus, personne ne sait, notamment dans l’Education Nationale, si :

  • –  Une politique massive de tests des personnels et des élèves sera mise en place,
  • –  La désinfection des écoles, services et établissements scolaires pourra être assurée dans le respect de la santé des agent-e-s,
  • –  La fourniture de matériels de protection (gel hydroalcoolique, gants, masques…) sera assurée,
  • –  Il sera possible de diminuer les effectifs de façon à garantir la distanciation sociale de l’ensembledes niveaux (enfants les plus jeunes, locaux exigus, transport scolaire…),
  • –  Il sera possible de prendre en compte les situations et les personnels pour lesquels cettedistanciation n’est pas possible (AVS, ATSEM…).Et nous ne devons pas oublier qu’il faut, plus que jamais, refuser les fermetures des écoles et collèges qui forment le maillage territorial essentiel à notre département et qui sont un moyen d’éviter les trop fortes concentrations d’élèves et de personnels.Non aux suppressions de postes ! Non aux menaces sur les établissements !Pour la CGT, force est de constater que, comme dans le reste de la société, la sécurité sanitaire nest pas assurée non plus dans léducation. Dans la Manche, comme partout dans le pays, la réouverture des écoles et établissements multipliera les possibilités de propagation du virus.Devant tant dincertitudes, de flou, dapproximations, dabsence totale de considération pour les acteurs de terrain, il est largement compréhensible que personnels et familles refusent une telle reprise.La CGT de la Manche sera évidemment présente pour défendre la santé de toutes et tous, enseignants comme enfants et parents.

Collectif Services Publics Union Départementale CGT de la Manche

Valoriser les services publics, pour garantir l’équité aux citoyens

Les gouvernements successifs ont abandonné le monde du travail aux intérêts financiers et patronaux. Confrontés à une crise sanitaire grave et inédite, les enjeux d’aujourd’hui sont à la fois sociaux et environnementaux. Les questions autour du travail, sur le rôle et la place de l’industrie, sur le sens des Services Publics et sur la reconquête de la Sécurité sociale, portées par la CGT, sont essentielles et porteuses de rupture avec les choix politiques actuels dans une perspective de progrès social.

Le Service Public est essentiel au pays. Il en fait, une fois de plus, la démonstration lors de cette crise du COVID-19 que nous traversons. Il y a urgence à lui fournir les moyens nécessaires pour mieux fonctionner demain, et à reconnaitre enfin le rôle essentiel des aide soignantes, infirmières, aides à domicile, agent-e-s d’entretien. Qui plus est parce que désignés dans le public comme dans le privé, comme des « métiers de femmes », ceux-ci souffrent d’une dévalorisation salariale et sociale qui doit cesser immédiatement.

Depuis plus d’un mois, les agents des services publics hospitaliers, de l’Etat, des collectivités territoriales, des établissements publics, des offices de l’habitat, des services de l’eau, des SDIS, de la thanatologie se trouvent confrontés comme tous les salariés et toute la population à une situation sans précédent. Il a fallu faire front immédiatement. Des agents dont les missions sont essentielles, vitales mêmes, ont dû poursuivre leur activité sans aucune protection. Il a fallu parfois attendre une semaine, voire bien plus pour obtenir les protections nécessaires… pour ceux qui en ont obtenu. Dans certaines mairies, autres collectivités et établissements publics comme dans les EHPAD (Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes), les masques, les gants, le gel hydroalcoolique sont distribués au compte-goutte, pire font cruellement défaut.

Alors que le Président de la République a annoncé le déconfinement de la population à compter du 11 mai prochain, c’est sans aucune garantie que l’Éducation nationale, les collectivités territoriales et leurs agents seront en capacité d’avoir d’ici un mois à disposition des stocks suffisants de matériel de protection et de tests pour équiper les établissements. Comment donc assurer la santé de toutes et tous alors même que les besoins actuels ne sont ni garantis, ni couverts dans les secteurs essentiels ou pour toute autre profession travaillant encore actuellement ? Pour la CGT, c’est très clair : pas de protections, pas de reprise du travail dans les établissements scolaires comme ailleurs, la santé doit primer sur « la reprise du boulot » exigée par le MEDEF et la doxa ultralibérale.

Et en plus de cela, maintenant, ils s’en prennent à nos congés payés. Dans les services publics, comme dans le privé, les agents subissent le confinement, d’autres assurent le travail sur le terrain avec tous les risques inhérents, le télétravail imposé, et maintenant il faudrait accepter le vol pur et simple des congés ? Dans leur fondement, les congés payés durement conquis de la lutte de nos ainés, doivent permettre de se reposer, de s’évader, de se reconstruire même parfois. C’est tous les agents des services publics qui sont en colère. Que dire du fait qu’il soit offert aux employeurs la possibilité de confisquer jusqu’à 10 jours de congés et d’imposer ou modifier unilatéralement les dates d’une partie des jours de RTT et Compte Epargne Temps ?

Et quid des primes accordées exceptionnellement dans la période, de manière inégale aux personnels mobilisés : certes nous saluons le geste, mais pensons à l’Après-crise et au choix de société que nous voulons. Pour la CGT, au contraire, il est impératif et urgent de dégeler le point d’indice qui conditionne les salaires des fonctionnaires, et foncer vers l’égalité salariale Femme/Homme, la reconnaissance des métiers pénibles et si utiles à la société, pour remettre un sens au travail, redonner du pouvoir d’achat, et garantir aux agents des services publics d’exercer leurs missions pour répondre aux besoins sociaux de la population.

Cherbourg-en-Cotentin, le 21 avril 2020

Communiqué des retraités CGT 61 Covid-19, les retraité-es doublement victimes !

La rhétorique guerrière figure toujours dans le discours du Président certes contre un ennemi invisible qui touche majoritairement les plus âgés et donc les plus fragiles en termes de santé. Nous ce que nous constatons, c’est que des masques et autres éléments de protection sont acheminés au service des industries de l’armement ou autres activités non indispensables et cela, au détriment des soignants qui travaillent dans les EHPAD ou apportent des soins à domicile. Ces derniers ont pour la plupart des difficultés pour avoir du matériel de prévention. Les personnels et résidents des EHPAD ne seraient-ils pas des citoyens et des assurés sociaux comme les autres ?

Si un bon nombre de réformes sont « suspendues » (affaires à suivre), il n’en sera pas moins consacré 100 milliards d’€ pour lamodernisation des armes nucléaires dans les 15 prochaines années. Et dans le même temps, ce sont des appels aux dons pour financer la recherche afin de trouver de nouveaux médicaments ou un vaccin pour combattre le covid-19. Mieux encore, le ministre du budget, Gérard Darmanin appelle les Français à la solidarité en soutenant les hôpitaux par des dons, en excluant tout retour à l’impôt sur la fortune et à la progressivité de l’impôt ou à taxer les produits financiers.

Dans l’Orne, les plus de 60 ans représentent 30% de la population. Il faut y ajouter les personnes en situation de handicap (10%). Une majorité de personnes avec de faibles revenus voire au niveau du seuil de pauvreté, qui a déjà du mal à avoir accès à la santé en raison des dépassements d’honoraires et un coût exorbitant des mutuelles. Il faut y ajouter les précarités alimentaire, énergétiques, culturelle… L’isolement et la disparition des services publics et des commerces de proximité amplifient la vulnérabilité des plus fragiles et ne sera pas sans conséquences sanitaires à court terme. Quelles mesures sont prises ?

Passés les effets d’annonce du : « cela ne sera plus comme avant », aussi , la CGT exige des mesures fortes pour redonner leur place à tous les services publics dans les villes et les campagnes. Pour garantir l’accès à la santé pour tous, il faut mettre fin aux dépassements d’honoraires, redynamiser l’Hôpital Public avec l’embauche de personnel et du matériel en plus. Et surtout, redonner tout son sens à la Sécurité Sociale avec une prise en charge totale de la perte d’autonomie, quel que soit l’âge.

Depuis trois ans, le pouvoir d’achat des retraites a été sérieusement amputé par l’augmentation de la CSG de 1,8% et le quasi blocage du montant des retraites pour la grande majorité des retraité- es. Et pour les petites retraites, les revalorisations sont restées en dessous de l’inflation. Les retraités CGT demandent que pas une retraite pour une carrière complète ne soit en dessous du SMIC, et une revalorisation de 300€ pour tous. Au même titre que pour les familles en difficulté, Ils exigent, qu’une aide financière soit attribuée aux plus démunis pour faire face à cette crise, la revalorisation des minima sociaux (minimum retraite, RSA…) et l’allocation logement.

Quant à la loi « grand âge » qui se fait attendre, elle est conçue dans l’idée de renforcer le secteur privé qui gère des maisons de retraite avec des résultats financiers énormes et dont la gestion de la crise est très opaque.

Peut-on accepter que la fin de vie soit une source de profit comme une autre. Dans cette période de crise, un peu de morale publique ne serait pas inutile pour faire que le 100% redevienne le principe de base de la Sécurité Sociale et que l’aide à domicile et l’hébergement en EHPAD deviennent un véritable service public. Cela exige la mobilisation de tous!

Philippe Denolle Secrétaire de l’USR CGT 61

communique de l’UD 14

Madame, Monsieur

Depuis 4 semaines, l’état d’urgence sanitaire est décrété et le COVID 19 ne faiblit pas, 12210 décès à ce jour dont 30% en EHPAD. Même si le nombre d’admissions dans les hôpitaux est en légère baisse, plus de 7500 patients sont actuellement dans les services de réanimation. Le confinement observé semble enfin laisser poindre des effets po- sitifs ! Ne relâchons rien !!!

Cette crise sanitaire met en lumière les conséquences des choix capitalistes et des politiques d’austérité qui les accompagnent et que les peuples subissent depuis des années.

Pour exemple, entre 2011 et 2018, à 63 reprises, la commission européenne a demandé aux états de réduire les dépenses publiques de leur système de santé. Conséquences, privatisation des pans entiers de l’offre de santé, suppression de lits, de personnels, de matériels. Ces aberrations, maintes fois dénoncées pendant toutes années par les personnels de santé avec la CGT, trouvent aujourd’hui écho dans la population. Mais après les applaudisse- ments et les marques de soutien, oh combien mérités, il faudra un réel bilan de ces manquements, de ces orienta- tions destructrices pour la santé des citoyen-e-s au quotidien et si criantes dans les circonstances actuelles.

Pour la CGT, les responsabilités de cette situation catastrophique sont identifiées et elle saura, le temps venu, en tirer tous les enseignements.
Mais dans l’immédiat, notre priorité doit être de protéger les travailleurs et la population.

Depuis la semaine dernière, nous constatons la volonté du patronat, sous couvert du Gouvernement, de rouvrir les entreprises au plus vite. Pressions sur les salariés, promesses de primes, tous les moyens sont bons ! Et c’est telle- ment simple de les faire reprendre le travail quand l’amputation sur leur salaire et la perte d’indemnités diverses représentent parfois plus de 30% du revenu net. Et au cas où ça ne serait pas suffisant, Parallèlement, à grands coups d’ordonnances, le gouvernement renforce l’offensive par des décrets permettant des dérogations au droit du travail sur les horaires, les congés, les RTT ….

Alors, combien d’entreprises dans le Calvados qui ne relèvent pas d’un secteur vital et essentiel vont dans les jours à venir exposer leurs personnels au risque de contamination ? Un risque d’autant plus élevé qu’une majorité d’entre elles manque de moyens de protections efficaces ou que leurs processus de travail sont complétement incompatibles avec les gestes barrières inlassablement répétés. Bien évidemment tout cela en toute confiance, vu l’absence totale de moyens de contrôle.

CAEN, le 10 avril 2020

Paradoxalement, d’autres ordonnances, d’autres décrets, imposent des restrictions drastiques de confinement aux citoyens. Véritablement assignés à résidence, tout contact leur est strictement interdit et leurs déplacements limités aux besoins essentiels à leur existence. Pour eux, les contrôles sont bien réels et les amendes encourues suffisamment dissuasives.

Pendant ce temps, aucune ordonnance, aucune loi, aucun décret n’impose quoi que ce soit au capital. Une simple recommandation du ministre des finances sur le versement des dividendes semble suffisante. Il faut dire qu’au moment où le gouvernement va engager quelques milliards pour soutenir l’économie, sa communication serait plus simple si les actionnaires du CAC 40 pouvaient attendre un peu avant de se partager les 54 milliards d’euros qui leurs sont promis.

A n’en pas douter, les intéressés ne sont pas inquiets. Pour l’heure, aucun signe ne laisse supposer que le principe libéral « Socialiser les pertes et privatiser les profits » ne continuera pas de rimer avec austérité, dumping social et casse des services publics.

Ainsi, lundi soir, pour la troisième fois, le président de la république s’adressera à la population et les yeux droit dans le prompteur, il demandera aux françaises et aux français de rester chez eux et « en même temps » d’aller travailler. La crise sanitaire peut pendant un temps servir à justifier ces injonctions contradictoires, mais Jusqu’où ira le consentement de la population quand elle va comprendre que la seule liberté qu’il lui est accordée est celle d’aller travailler ?

Combien de temps cette situation est-elle encore tenable ? Là est la question !

Je vous remercie par avance pour votre professionnalisme et vous prie d’accepter, Madame, Monsieur mes salutations respectueuses

Jacques AMBROISE
Secrétaire Général
de l’Union Départementale CGT du Calvados

Le journal d’infos Agro/Agri de Normandie L’USRAF-CGT communique:

Priorités de la CGT: Protection de la santé des salariés, de la population, des personnels de santé… Maintien de l’activité dans nos secteurs, professionnels des productions à caractère vital de première nécessité…Chômage partiel indemnisé à 100% par l’employeur pour les secteurs ne correspondant pas cet objectif…

Nous appelons nos syndicats à se saisir de ces revendications pour la protection de la santé de toutes et tous et lutter contre la pandémie…


Ci-dessous, le courrier de l’USRAF-CGT envoyé au Préfet de la Région Normandie avec copie aux Préfectures Départementales de Normandie ; Au Comité Régional CGT de Normandie ; Aux Unions Départementales CGT de Normandie et à la DIRECCTE de Normandie.

Monsieur le Préfet,

La crise sanitaire grave que traverse notre pays amène à prendre des mesures indiscutables dans les délais les plus brefs pour protéger la santé des salariés, de la population ainsi que celle des personnels de santé. Notre pays n’a pas encore atteint le pic de la pandémie. La protection de la santé des citoyens doit être la priorité de l’État, que vous représentez pour la Région Normandie. Le corps médical revendique un confinement généralisé comme élément essentiel pour enrayer la pandémie. Les salariés des secteurs agricoles et agroalimentaires, conscients de leur rôle pour l’approvisionnement alimentaire de la population, vont travailler la peur au ventre pour eux-mêmes et leur famille et, dans nombre de cas, sans les protections indispensables pour la santé, l’hygiène et la sécurité de toutes et tous. Si l’alimentation est vitale pour la population, les activités agroalimentaires et agricoles ne peuvent être globalisées. Nombre d’entre elles ne sont pas prioritaires dans cette période où le confinement est primordial pour stopper la propagation du virus.

Dans un premier temps, dresser un état des lieux en Normandie des secteurs agricoles et agroalimentaires concernés par des productions à caractère vital de première nécessité et, dans un second temps, la mise au chômage partiel pour les entreprises ne correspondant pas à cet objectif, serait un apport primordial au combat contre la pandémie. Dans ce cadre, nous revendiquons une indemnité à hauteur de 100 % par l’employeur pour le maintien total du salaire des travailleurs qui seraient privés de leur emploi jugé non essentiel dans cette période exceptionnelle.

L’État et ses structures régionales/départementales ont, à leur disposition, des organismes permettant de dresser cette liste des activités à caractère vital, notamment le Conseil Supérieur d’Orientation et de Coordination des Activités Agricoles et Alimentaires, France Agrimer, le Conseil National de l’Alimentation, la Section de l’Agriculture et de l’Alimentation du Conseil Économique Social et Environnemental… Nous revendiquons également que les Organisations Syndicales, à tous les niveaux, soient associées à toutes initiatives allant dans le sens de ce courrier, du fait de leur connaissance approfondie et précise de leurs professions et doivent disposer d’un droit de veto sur toutes décisions.

Dans l’attente de vous lire et restant à votre disposition pour tout élément complémentaire. Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de mes salutations les meilleures.

Pour l’USRAF-CGT de Normandie : JAU Nicolas
Secrétaire Général.

JAU Nicolas responsable régional FNAF-CGT.

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Continuez à nous envoyer vos tracts, communiqués, photos, cahier revendicatifs et toutes infos utiles… pour continuer à alimenter notre presse CGT, populariser et valoriser votre activité syndicale.

Union Syndicale Régionale Agroalimentaire et Forestière CGT de Normandie

44 route d’Avranches-50800-Villedieu les Poêles Rouffigny

06 59 26 37 04 Courriel: usrafnormandie@orange.fr

courrier au président de région

Monsieur le Président de Région,
La crise sanitaire extrêmement grave que traverse le monde et, notamment, notre pays amène à prendre des mesures indiscutables pour protéger la santé des citoyens.

Oui, l’urgence est à la protection et la sécurité de toutes et tous !

C’est pourquoi, toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé des populations, des salariés, notamment celle des personnels de santé et des soignants parmi lesquels une grande majorité de femmes, doivent être mises en œuvre.

Cette impérieuse nécessité doit largement prévaloir sur les considérations économiques et, dans la période, l’ensemble des dispositions et décisions prises doivent aller dans ce sens.

MAIS TOUT N’EST PAS ACCEPTABLE !

Pour freiner la pandémie, nous sommes dans l’obligation de confiner un maximum de personnes. C’est un fait indéniable.

Dans le même temps, nous devons tout faire pour que les secteurs indispensables à la vie de nos concitoyens puissent poursuivre leurs activités.

Cependant, si le monde du travail doit être mobilisé, c’est uniquement pour la production de biens et de services répondant aux besoins essentiels de la population, les autres doivent être sans délai stoppées.

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Pour celles et ceux qui sont dans des secteurs économiques, dits essentiels, ou dans des secteurs d’activité prioritaires, nous rappelons qu’il est de la responsabilité des employeurs de fournir aux salariés l’équipement de sécurité nécessaire (masque, gel hydroalcoolique, lingettes…) et d’assurer des conditions de travail qui permettent le respect des «gestes barrières ». A ce propos, il faut préciser que ceux-ci sont loin d’être suffisant puisque la zone de 1 mètre n’est pas une garanti étant donné qu’une personne qui n’éternue pas dans son coude peut envoyer des gouttelettes qui se déplacent en nuage sur une distance pouvant atteindre 6 mètres. La pénurie de masque de protection de type FFP2 étant , et le peu qui existe devant être réservé aux personnels de santé, déjà en manque de ce matériel à l’heure où le pic de l’épidémie n’est pas atteint, il y a un très fort risque de mise en danger des salariés.


De plus, force est de constater que cette obligation élémentaire, de mise en œuvre de toutes les mesures de sécurité, n’est pas toujours respectée, voir même ignorée par quelques chefs d’entreprise considérant que le covid 19 n’est qu’une mauvaise grippe ne touchant que les «personnes âgées», pour faire accepter aux salariés de reprendre le travail.

C’est pourquoi, nous faisons remonter aux services de l’État nombre de dysfonctionnements, si on peut les qualifier ainsi tant parfois quelques situations pourraient relever de poursuites judiciaires, pour mise en danger volontaire de la vie d’autrui.

Nous observons aussi des demandes faites aux salariés de signer des décharges visant à exonérer les employeurs de toute responsabilité en cas de contamination et de renoncement à faire reconnaître leurs droits devant les tribunaux.

Oui, nous le réaffirmons, l’urgence est de protéger.

Cette période, nous invite également à repenser notre modèle productif, en affirmant, dans de nombreux secteurs, la question de notre souveraineté pour ne pas être dépendants, voire plus, d’autres nations et de forces économiques indifférentes aux conditions de vie des populations.

Cette crise majeure contraint tous les responsables à reposer la question du rôle et de la place de la nation pour protéger ses citoyens et organiser les services indispensables à la vie commune.

Nous devons noter, comme l’immense majorité de nos concitoyens, l’incurie de l’Union européenne, prompte à organiser la concurrence entre les travailleurs mais incapable d’organiser la solidarité en temps de crise.

Nombres de questions posées devront trouver des réponses. Les leçons de la crise de 2007/2008 n’ont manifestement pas été tirées malgré les promesses et les belles paroles qui se sont vite envolées.

En conséquence la parole publique est de plus en plus discréditée. Croire qu’il suffirait de faire le dos rond et quelques promesses vite oubliées en attendant des jours meilleurs serait totalement irresponsable.

La crise écologique devant nous, d’autres crises majeures encore à venir, nées de notre modèle de développement, sauraient inévitablement nous le rappeler.

Monsieur le Président, au nom de la Région Normandie, vous venez, à l’image des autres Régions, de débloquer un fond de plus de 70 millions d’euros pour aider l’économie normande.

Nous avons vu les objectifs et la destination de cette mobilisation financière d’importance notamment les 21 m€ de contribution au Fond National de Solidarité mis en place par le gouvernement, les Régions et les Collectivités d’outre-mer…

Pour notre part, au regard des résultats négatifs avérés de nombreux dispositifs d’aides publiques aux entreprises (comme par exemple le CICE qui représente le plus emblématique de ces effets d’aubaine destiné aux entreprises et, cela, sans aucune contrepartie ni engagements en matière d’emploi ou d’investissement…) nous ne pouvons qu’exprimer notre défiance quant à ces mesures.

La CGT considère que toutes aides publiques doivent être connues, justifiées, évaluées, accordées sur la base d’objectifs et de critères précis en fonction d’un intérêt collectif établi.

De même, comment serait perçue une aide financière à une entreprise qui ne respecte pas la vie de ses salariés, une entreprise qui fait signer des décharges à ses salariés, une entreprise qui licencie ?

C’est pourquoi, Monsieur le Président, pour ces mesures exceptionnelles comme pour les autres, nous estimons, comme nous le revendiquons depuis des années, que ces aides et exonérations doivent être soumises à une évaluation sérieuse et plurielle.

Nous considérons au contraire, que toutes ces aides seraient plus utiles aux salariés directement, dont les revenus sont largement amputés, pour faire face aux besoins quotidiens essentiels (nourriture, logement, transport, éducation, …) sans compter les plus démunis tragiquement abandonnés, alors que le logement est le principal outil de confinement.

C’est pourquoi, Monsieur le Président, à l’instar du Comité national de suivi des aides publiques aux entreprises et des engagements, nous vous demandons de mettre en place une déclinaison au niveau régional de ce comité.

Un autre sujet de préoccupation majeur et urgent nous conduit à vous interpeller à nouveau : Le devenir de l ’usine papetière UPM Chapelle Darblay à Grand Couronne.

Si l’on ne prend pas rapidement la décision de réquisition et de sauvegarde, elle risque le démantèlement et donc la fermeture définitive.

La démonstration de son utilité sociale et de sa place en vallée de Seine pour répondre aux enjeux de développement d’une économie circulaire, de proximité et d’indépendance de la filière papier, a maintes fois été démontrée par les salariés et leur syndicat CGT.

Faut-il le rappeler, la sauvegarde de cette papeterie ce n’est pas seulement qu’une question industrielle et de suppression de plusieurs centaines d’emplois, c’est aussi une question d’enjeux environnementaux et démocratiques.

A l’heure où beaucoup évoquent la situation de « l’après » crise du Covid-19, cette usine, acteur majeur de la filière tri et recyclage, représente un véritable symbole de l’industrie de demain.

Monsieur le Président, même si la situation actuelle est difficile elle est néanmoins propice pour prendre une initiative montrant une direction à prendre.
Cette initiative affirmerait une volonté de redressement productif mettant en conformité les actes avec les discours.

Et, parce qu’il y a une échéance très courte avec la fin du PSE annoncé pour juin 2020, la Région doit s’engager avec force, détermination et rapidité sur ce dossier,

Bien évidemment, ce dossier n’est qu’un exemple parmi d’autres où les institutions et organisations sociales se doivent d’intervenir et de montrer leur utilité pour le développement économique et social de la région.

Nous vous le redisons, il n’est plus possible de croire que tout repartira comme avant, sinon à risquer de nouvelles crises écologiques, sanitaires ou sociales.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

Le comité régional CGT de Normandie est profondément préoccupé par la situation des précaires, des sans-abris et ceux qui sont confrontés à des pertes d’emplois et à des difficultés économiques qui pourraient entrainer des arriérés d’hypothèques et de loyers impayés.

C’est pourquoi, nous vous demandons Monsieur le Préfet de Région de prononcer un moratoire sur les loyers (pour les locataires) et les traites (pour les accidents), de réquisitionner les locaux et logement vacants, pendant toute la durée de la pandémie pour les plus démunis.

Nous demandons en urgence :

  • d’interdire les coupures d’électricité, de gaz mais aussi les interruptions d’internet et de téléphone. Les coupures d’eau sont certes interdites par la loi Brotte, mais toujours existantes dans notre région, il faut donc y mettre fin.
  • L’arrêt des expulsions locatives et les expulsions illicites qui ont malheureusement encore lieu dans notre région.

Le logement est devenu la première ligne de défense face au coronavirus. Le logement décent a rarement autant été une question de vie ou de mort.

Caen, le 9 avril 2020