Réunion téléphonée avec la Direccte Normandie – Vendredi 27 mars 2020Observatoire régional informel de dialogue social et de prévention des risques professionnels – COVID 19 Intervention du Comité Régional CGT de Normandie

La CGT fait de la lutte contre la propagation du virus -covid 19 une priorité. Aussi depuis le début du confinement nos structures sont fermées, les salariés sont chez eux avec le maintien intégral de leur rémunération. Les militants, également confinés à leur domicile, restent cependant mobilisés pour défendre les intérêts des travailleurs et des plus précaires dans cette période. C’est ainsi que notre organisation CGT est intervenue, et en particulier nos élus CSE, CCST, CHSCT, sous diverses formes, notamment : -Par le recours au droit de retrait comme à Naval Group à Cherbourg, sur la plateforme numérique Webhelp dans le Calvados, à Renault Cléon, chez de nombreux équipementiers automobiles en Normandie, à l’usine Safran à Caudebec les Elbeuf, etc…, -Pour que les consignes de sécurité soient implicitement mises en œuvre -Ou encore que des mesures élémentaires de précautions soient prises lors de suspicion de symptômes en lien avec le Covid 19 comme demandé à la direction départementale du Travail à Evreux. Malheureusement il aura fallu le décès d’un agent pour que les locaux ferment et que les agents encore sur site soient mis en télétravail à leur domicile. Le gouvernement porte une responsabilité essentielle dans la gestion de la crise sanitaire liée au covid 19. En ce sens, il doit agir avec les employeurs pour empêcher la transmission de la maladie sur et à partir des lieux de travail. Il doit être exemplaires en la matière pour les services publics. Le double discours « restez chez vous, mais l’activité économique du pays doit se poursuivre » est intolérable ! Il en est de même du courrier co-signé par le ministre du travail, le ministre de l’économie et de l’industrie ainsi que du ministre des solidarités et la Santé à l’intention du secteur industriel stipulant « crucial que les usines de production, les chaînes logistiques et les entreprises de service puissent continuer de fonctionner sur le territoire français ». Des employeurs s’appuient depuis sur ce courrier pour mettre la pression afin de reprendre le travail comme dans le bâtiment, l’automobile. Certains patrons n’hésitent pas à proposer une prime aux salariés au détriment de leur sécurité et santé au travail. Espérons qu’ils n’iront pas jusqu’à demander aux travailleurs de signer des décharges de non-recours devant la justice à leur encontre en cas de contamination. Nous n’aurons de cesse de le répéter : La santé et les droits des travailleurs et travailleuses ne doivent pas être sacrifiés au nom des intérêts financiers et économiques ! Qui plus est, de tels propos ignorent le cri d’alarme désespéré du personnel des secteurs hospitaliers au bord de l’explosion et, du monde de la santé en général, qui exhorte chacun de rester confiné à la maison, au regard de l’aggravation de la situation sanitaire et de la tension dans les hôpitaux faute de moyens suffisants et de lits pour soigner les malades – masques, gels, lunettes et blouses de protection, matériels respiratoires…. Face à un virus qui se propage très vite et qui a déjà tué des milliers de personnes dans le monde, ce n’est pas de primes, d’applaudissements, d’opération de communication dont les salariés ont besoins. Réunion téléphonée avec la Direccte Normandie – Vendredi 27 mars 2020Observatoire régional informel de dialogue social et de prévention des risques professionnels – COVID 19 Intervention du Comité Régional CGT de Normandie2 La priorité est bien de prendre toutes les mesures de prévention pour assurer la sécurité et la santé de l’ensemble de la population. Il convient de ce fait : -De dresser immédiatement la listedes secteurs essentiels à la satisfaction des besoins vitaux ne pouvant exercer leur profession en télétravail. Cela implique de mettre à disposition pour tous les travailleurs relevant de ces secteurs « d’utilité vitale » les protections individuelles et collectives nécessaires, sans distinction, comme par exemple : -L’ensemble des personnels exerçant dans les établissements de santé et par seulement ceux en lien direct avec les malades Covid 19. Nous condamnons la réponse de la directrice de l’ARS qui déclare aux personnels de l’EPSM dans le Calvados « la psychiatrie n’est pas prioritaire » alors que ces derniers demandent les moyens indispensables à leur protection : masques, gel hydroalcoolique, gants, test. -Les salariés du secteur de l’aides et maintien à domicile, des structures d’aides et d’accompagnement aux situations d’handicap, à l’aide à l‘enfance-Les pompiers, -Les travailleurs exerçant dans la logistique : portuaires, dockers, routiers, caristes, -Ceux assurant la distribution électrique, la sécurité et la sureté nucléaire, -Les travailleurs fabriquant les médicaments, ceux de l’agroalimentaire, -Les vendeurs des commerces alimentaires ; ceux travaillant dans les grandes surfaces comme les caissier-e-s, ceux assurant les rayonnages, les agents de propreté…. -Etc….. Cela implique aussi de protéger toutes les personnes appeler à garder les enfants de ces travailleurs « indispensables à la vie de la nation ». L’action primordiale donc du gouvernement dans l’immédiat est d’apporter la protection en urgence de tous ces travailleurs essentiels. Sécurité sanitaire et sécurité économique ne doivent aller de pair que dans le strict respect de ces conditions. Pour tous les autres secteurs il faut immédiatement lesmettre à l’arrêt. Quelle utilité dans la période à produire des parfums et cosmétiques comme à l’usine Jacomo (Deauville) où 200 personnes travaillent encore ? D’autres mesures essentielles doivent être prises comme : -Assurer le paiement intégral, à 100%, des salaires. Les milliards d’euros annoncés pour soutenir l’économie doivent être utilisés de façon plus équitable. Ils doivent aussi servir à un financement intégral du chômage partiel car les règles n’ont pas changé en la matière sauf pour les entreprises qui seront remboursées, elles, à 100%. Il convient aussi de mettre à contribution les grands groupes financiers à cette solidarité nationale. De plus, la promulgation d’un décret de catastrophe sanitaire avec la mise à contribution des groupes d’assurances comme en cas de catastrophe naturelle permettrait d’assurer également les rémunérations des travailleurs. -Ouvrir le droit à l’arrêt préventif (état pathologique de santé à risque) aux fonctionnaires qui doivent être traités à l’identique des salariés du droit commun. -Le retrait des dérogations au Code du travail fixées dans les ordonnances de la loi d’état d’urgence sanitaire en matière de temps de travail, de repos hebdomadaires et dominicaux, de prises de congés et RTT imposées. etc. Rien ne justifie ces recours scandaleux alors que la conscience professionnelle et le sens de l’intérêt général suffisent à l’engagement du monde du travail. 3 -Interdir tous les licenciements, quel qu’en soit le motif. -Suspendre tous les PSE en cours, tel celui lancé à la papeterie Chapelle Darblay Le président de la République déclarait dans son allocution du 12 mars « ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie au fond à d’autres est une folie. Nous devons reprendre le contrôle, construire plus encore que nous ne ferons déjà en France, une Europe souveraine, une France et une Europe qui tiennent fermement leur destin en main. » Nous sommes d’accord avec cela car cette crise a pointé les conséquences désastreuses des politiques d’austérité mettant à mal les systèmes de santé et de protection sociale et l’ensemble des services publics, alors que maintes fois la CGT les dénonçait. Aussi, le moment venu, lors qu’il faudra tirer les enseignements de cette crise sanitaire, la CGT sera présente pour que cette allocution au-delà des paroles soit suivie d’actes. Afin de pouvoir être en veille en Normandie sur la situation des entreprises et les mesures prises, la CGT : -demande la communication régulière de la liste des entreprises ayant recours au dispositif d’activité partiel ; -souhaite également connaître les mesures de contrôle mise en place concernant ses aides ; -qu’une attention particulière soit portée sur les stagiaires, les apprentis qui sont laissés à l’abandon, livrés à eux-mêmes.Notre organisation syndicale demande également le respect de l’exercice syndical. Nous demandons que les instances du personnel soient informées et consultées aussi souvent que nécessaire dans cette période de crise sanitaire, que les réunions téléphonées ou en visio-conférences soient retranscrites. Nous demandons également que les inspecteurs du travail puissent assurer pleinement leurs missions en matière d’application des règles du droit du travail, tout en bénéficiant des dispositifs indispensables à la sécurité et la santé au travail.