communique de l’UD 14

Madame, Monsieur

Depuis 4 semaines, l’état d’urgence sanitaire est décrété et le COVID 19 ne faiblit pas, 12210 décès à ce jour dont 30% en EHPAD. Même si le nombre d’admissions dans les hôpitaux est en légère baisse, plus de 7500 patients sont actuellement dans les services de réanimation. Le confinement observé semble enfin laisser poindre des effets po- sitifs ! Ne relâchons rien !!!

Cette crise sanitaire met en lumière les conséquences des choix capitalistes et des politiques d’austérité qui les accompagnent et que les peuples subissent depuis des années.

Pour exemple, entre 2011 et 2018, à 63 reprises, la commission européenne a demandé aux états de réduire les dépenses publiques de leur système de santé. Conséquences, privatisation des pans entiers de l’offre de santé, suppression de lits, de personnels, de matériels. Ces aberrations, maintes fois dénoncées pendant toutes années par les personnels de santé avec la CGT, trouvent aujourd’hui écho dans la population. Mais après les applaudisse- ments et les marques de soutien, oh combien mérités, il faudra un réel bilan de ces manquements, de ces orienta- tions destructrices pour la santé des citoyen-e-s au quotidien et si criantes dans les circonstances actuelles.

Pour la CGT, les responsabilités de cette situation catastrophique sont identifiées et elle saura, le temps venu, en tirer tous les enseignements.
Mais dans l’immédiat, notre priorité doit être de protéger les travailleurs et la population.

Depuis la semaine dernière, nous constatons la volonté du patronat, sous couvert du Gouvernement, de rouvrir les entreprises au plus vite. Pressions sur les salariés, promesses de primes, tous les moyens sont bons ! Et c’est telle- ment simple de les faire reprendre le travail quand l’amputation sur leur salaire et la perte d’indemnités diverses représentent parfois plus de 30% du revenu net. Et au cas où ça ne serait pas suffisant, Parallèlement, à grands coups d’ordonnances, le gouvernement renforce l’offensive par des décrets permettant des dérogations au droit du travail sur les horaires, les congés, les RTT ….

Alors, combien d’entreprises dans le Calvados qui ne relèvent pas d’un secteur vital et essentiel vont dans les jours à venir exposer leurs personnels au risque de contamination ? Un risque d’autant plus élevé qu’une majorité d’entre elles manque de moyens de protections efficaces ou que leurs processus de travail sont complétement incompatibles avec les gestes barrières inlassablement répétés. Bien évidemment tout cela en toute confiance, vu l’absence totale de moyens de contrôle.

CAEN, le 10 avril 2020

Paradoxalement, d’autres ordonnances, d’autres décrets, imposent des restrictions drastiques de confinement aux citoyens. Véritablement assignés à résidence, tout contact leur est strictement interdit et leurs déplacements limités aux besoins essentiels à leur existence. Pour eux, les contrôles sont bien réels et les amendes encourues suffisamment dissuasives.

Pendant ce temps, aucune ordonnance, aucune loi, aucun décret n’impose quoi que ce soit au capital. Une simple recommandation du ministre des finances sur le versement des dividendes semble suffisante. Il faut dire qu’au moment où le gouvernement va engager quelques milliards pour soutenir l’économie, sa communication serait plus simple si les actionnaires du CAC 40 pouvaient attendre un peu avant de se partager les 54 milliards d’euros qui leurs sont promis.

A n’en pas douter, les intéressés ne sont pas inquiets. Pour l’heure, aucun signe ne laisse supposer que le principe libéral « Socialiser les pertes et privatiser les profits » ne continuera pas de rimer avec austérité, dumping social et casse des services publics.

Ainsi, lundi soir, pour la troisième fois, le président de la république s’adressera à la population et les yeux droit dans le prompteur, il demandera aux françaises et aux français de rester chez eux et « en même temps » d’aller travailler. La crise sanitaire peut pendant un temps servir à justifier ces injonctions contradictoires, mais Jusqu’où ira le consentement de la population quand elle va comprendre que la seule liberté qu’il lui est accordée est celle d’aller travailler ?

Combien de temps cette situation est-elle encore tenable ? Là est la question !

Je vous remercie par avance pour votre professionnalisme et vous prie d’accepter, Madame, Monsieur mes salutations respectueuses

Jacques AMBROISE
Secrétaire Général
de l’Union Départementale CGT du Calvados