Communiqué des retraités CGT 61 Covid-19, les retraité-es doublement victimes !

La rhétorique guerrière figure toujours dans le discours du Président certes contre un ennemi invisible qui touche majoritairement les plus âgés et donc les plus fragiles en termes de santé. Nous ce que nous constatons, c’est que des masques et autres éléments de protection sont acheminés au service des industries de l’armement ou autres activités non indispensables et cela, au détriment des soignants qui travaillent dans les EHPAD ou apportent des soins à domicile. Ces derniers ont pour la plupart des difficultés pour avoir du matériel de prévention. Les personnels et résidents des EHPAD ne seraient-ils pas des citoyens et des assurés sociaux comme les autres ?

Si un bon nombre de réformes sont « suspendues » (affaires à suivre), il n’en sera pas moins consacré 100 milliards d’€ pour lamodernisation des armes nucléaires dans les 15 prochaines années. Et dans le même temps, ce sont des appels aux dons pour financer la recherche afin de trouver de nouveaux médicaments ou un vaccin pour combattre le covid-19. Mieux encore, le ministre du budget, Gérard Darmanin appelle les Français à la solidarité en soutenant les hôpitaux par des dons, en excluant tout retour à l’impôt sur la fortune et à la progressivité de l’impôt ou à taxer les produits financiers.

Dans l’Orne, les plus de 60 ans représentent 30% de la population. Il faut y ajouter les personnes en situation de handicap (10%). Une majorité de personnes avec de faibles revenus voire au niveau du seuil de pauvreté, qui a déjà du mal à avoir accès à la santé en raison des dépassements d’honoraires et un coût exorbitant des mutuelles. Il faut y ajouter les précarités alimentaire, énergétiques, culturelle… L’isolement et la disparition des services publics et des commerces de proximité amplifient la vulnérabilité des plus fragiles et ne sera pas sans conséquences sanitaires à court terme. Quelles mesures sont prises ?

Passés les effets d’annonce du : « cela ne sera plus comme avant », aussi , la CGT exige des mesures fortes pour redonner leur place à tous les services publics dans les villes et les campagnes. Pour garantir l’accès à la santé pour tous, il faut mettre fin aux dépassements d’honoraires, redynamiser l’Hôpital Public avec l’embauche de personnel et du matériel en plus. Et surtout, redonner tout son sens à la Sécurité Sociale avec une prise en charge totale de la perte d’autonomie, quel que soit l’âge.

Depuis trois ans, le pouvoir d’achat des retraites a été sérieusement amputé par l’augmentation de la CSG de 1,8% et le quasi blocage du montant des retraites pour la grande majorité des retraité- es. Et pour les petites retraites, les revalorisations sont restées en dessous de l’inflation. Les retraités CGT demandent que pas une retraite pour une carrière complète ne soit en dessous du SMIC, et une revalorisation de 300€ pour tous. Au même titre que pour les familles en difficulté, Ils exigent, qu’une aide financière soit attribuée aux plus démunis pour faire face à cette crise, la revalorisation des minima sociaux (minimum retraite, RSA…) et l’allocation logement.

Quant à la loi « grand âge » qui se fait attendre, elle est conçue dans l’idée de renforcer le secteur privé qui gère des maisons de retraite avec des résultats financiers énormes et dont la gestion de la crise est très opaque.

Peut-on accepter que la fin de vie soit une source de profit comme une autre. Dans cette période de crise, un peu de morale publique ne serait pas inutile pour faire que le 100% redevienne le principe de base de la Sécurité Sociale et que l’aide à domicile et l’hébergement en EHPAD deviennent un véritable service public. Cela exige la mobilisation de tous!

Philippe Denolle Secrétaire de l’USR CGT 61