débat public PNGMDR à Cherbourg 11 juin 2019

Intervention Nathalie BAZIRE débat public 11 juin 2019

PNGMDR à Cherbourg

Bonsoir,

J’interviens, au nom de l’Union Départementale des syndicats CGT de la Manche et du Comité Régional CGT Normandie qui se font parole ce soir de la CGT qui a la volonté de travailler sur les projets industriels dans un territoire comme le nôtre.

Notre région présente la particularité d’avoir une usine de retraitement et un centre de stockage des déchets nucléaires dans la Hague.

Orano, sur la Hague, assure la première étape du recyclage des combustibles usés provenant des réacteurs nucléaires. Depuis le commencement de sa construction en 1961, c’est de loin le premier centre industriel de ce type dans le monde capable de traiter des combustibles usés provenant de 80 à 100 réacteurs nucléaires. Le site compte aujourd’hui près de 6 000 salariés dont un nombre de sous-traitants plus élevé que les agents « donneurs d’ordre ».

La France a fait le choix du retraitement des combustibles usés issus des centrales nucléaires. D’autres pays faisant le choix du stockage direct, le site de la Hague est à ce jour dédié à une activité qui consiste après utilisation en centrale, au refroidissement du combustible, à la séparation de l’uranium, du plutonium et des déchets ultimes. L’uranium et le plutonium peuvent être ensuite réutilisés.

A partir de ce schéma, il est force de constater, et c’est ce que porte la CGT, que le site de la Hague est bien un site de production puisqu’il s’agit de retraitement pour en produire une matière nouvelle.

C’est bien ce qui doit nous amener à réfléchir : le retraitement comme enjeu de production pour fournir à nouveau de l’électricité pour répondre aux besoins des populations d’une part et de diviser par cinq les déchets ultimes par le retraitement isolant les matières non réutilisables.

Dans le Nord-Cotentin, nous avons la culture du travail bien fait et les compétences et les savoirs-faires développés par les salariés du site de la Hague ne manquent pas.

La France possède donc au travers de cet outil industriel, une avance inestimable et non des moindres par le savoir-faire et les compétences développées par les salariés d’Orano.

Pour autant, la filière nucléaire n’est pas, bien sûr, une filière comme les autres de part la nature même du produit, ce qui nécessite encore plus un haut niveau social. C’est la condition posée pour faire perdurer l’activité.

Le combat de la CGT se situe donc là comment agir pour le développement humain durable face aux abandons que nous connaissons sur d’autres filières industrielles faute de volonté politique et d’engagement.

Pour la CGT, il y a nécessité d’investir dans l’outil industriel.

Pour la CGT, c’est à l’Etat que revient la responsabilité d’assurer le rôle de « chef d’orchestre » de la pérennité de la filière notamment en ne décidant pas l’arrêt de la production du retraitement et aussi d’être le garant de l’intérêt général et du respect des normes.

La proposition CGT de mise en place d’un pôle public de l’énergie répond à ces préoccupations.

Pour répondre aux engagements de sécurité des salariés et de toute la population et de sûreté, nous réaffirmons la responsabilité de l’employeur. Aussi, nous revendiquons dans les contrats et appels d’offre, l’intégration d’une clause sociale avec obligation d’embauche et de formation.

Cela engage des investissements de haut niveau dans le domaine de la recherche et du développement et un soutien aux entreprises locales.

La sûreté du site et la sécurité dépendent de ces engagements.

La CGT est engagée depuis le début dans le développement de la filière dans le respect de ces propositions. Si elle se félicite de la tenue et de sa participation au débat ce soir, nous exigeons la mise en place d’un suivi garantissant le devenir des salariés et de la jeunesse du Nord-Cotentin à partir d’un vrai contenu social permettant des retombées économiques réelles et durables.